Autour de l'écriture d'une nouvelle

 

Atelier nouvelle du 21 au 24 août 2017 (session de quatre jours, du lundi au jeudi)

 

Ecrire une nouvelle demande un sens du rythme, du souffle, de la vaillance. Tantôt tango, tantôt salsa, ça bouge, ça tangue, ça virevolte.

L'arbre des lettres vous propose un tour de piste, un pas de deux. Quand le cavalier guide, tout va, tout semble fluide.

Une idée jaillit, les mots s'acheminent, les techniques rôdées viennent à la rescousse.

Histoires courtes, tranches de vie, parcours éclair, la nouvelle tire sa force de sa concision et souvent de sa chute...

Cet atelier, outre son aspect d'écriture pure, tire aussi sa force des longs moments d'échange et de lecture partagés (lecture de nouvelles écrites par des auteurs confirmés, contemporains ou non, mais surtout lecture de vos propres textes, écrits au fur et à mesure).

235 euros (plus 15 euros d'adhésion à l'association)

 

Table d'hôte (mercredi et jeudi midi), comprise dans le prix.

 

ASPECTS DE LA NOUVELLE

En quoi une nouvelle et un roman sont-ils différents ?

1. Le statut du sujet

a) Une nouvelle a pour sujet UN ELEMENT PONCTUEL pouvant bien souvent être résumé en une phrase : le noyau dramatique est toujours simple, à l'opposé des romans

b) Ce qui distingue la nouvelle, c'est l'aspect de TRANSGRESSION. A la différence du roman, la nouvelle est centrée sur la notion d'anecdote frappante, étonnante, d'une façon ou d'une autre. L'histoire qui est contée doit être en rupture avec l'univers ordinaire. Cette rupture peut se faire par un saut dans le fantastique ou au contraire par une fidélité au quotidien observé de manière particulière

c) La nouvelle, au contraire du roman, exclut la multiplicité des points de vue et le grand nombre de personnages. A part quelques silhouettes présentes dans le paysage psychologique, les êtres qui nous sont présentés sont tous impliqués dans le noeud de l'intrigue

 

2. Le traitement de la narration dans le roman et la nouvelle.

Centrée sur une narration, limitée par la brièveté, la nouvelle doit satisfaire à certaines exigences.

a) Le début d'un roman est un mouvement d'approche vers l'univers représenté dans l'oeuvre. C'est une mise en place du monde vu par le romancier. Cette mise en place peut être longue et a une fin en soi. Au contraire, le début d'une nouvelle nous amène directement aux personnages et à l'intrigue

b) Bien entendu, CHAQUE DETAIL COMPTE dans une nouvelle. La nouvelle n'a de place que pour l'essentiel. L'action est resserrée autour des éléments important

c) La nouvelle est très souvent une HISTOIRE CONTEE. (lettre, confession, par exemple) Le narrateur est toujours présent, d'une manière ou d'une autre

d) Dans le roman peuvent coexister plusieurs voix, dans la nouvelle il n'y a de place que pour UNE SEULE VOIX NARRATIVE. Bien souvent, il s'agit d'un être démuni ou étonné, qui nous conte une aventure ponctuelle. La nouvelle est souvent, comme dans la tragédie classique, la résolution d'une crise

e) Cette expérience est souvent CONTEE AU PASSE. Quand le narrateur raconte, l'histoire est bien souvent terminée. La nouvelle est liée à un traitement du temps différent parce qu'elle est attachée au temps du récit conté. Elle s'achemine toujours vers les dernières phrases alors que le roman donne autant d'importance à chaque partie du texte.

 

Ainsi, la nouvelle, plus que le roman est centrée sur la notion d'UNITE. Baudelaire, dans un des seuls textes théoriques que le XIXème siècle ait produit à ce sujet, parle de "brièveté" qui ajoute à "l'intensité de l'effet". Pour lui, la nouvelle doit être lue "tout d'une haleine", le plus important étant selon lui "l'unité d'impression", en vue d'un effet : "Si la première phrase n'est pas écrite en vue de préparer cette impression finale, l'oeuvre est manquée dès le début."

 

3. Le traitement du temps et de l'espace

a) Le temps des horloges et la durée personnelle. La nouvelle est liée au temps de la narration orale (on supprime tout ce qui est inutile, de crainte d'ennuyer lecteur ou auditeur). Maupassant par exemple, organise tout le récit autour de temps forts, de moments de crise, le reste est passé sous silence.

b) Si le roman est inséparable de la notion d'épaisseur du temps, la nouvelle est attachée à celle d'instant : un être est saisi par un observateur ou s'analyse lui-même dans une expérience unique.

c) Si la nouvelle est liée à l'instant, on peut dire aussi qu'en ce qui concerne l'espace et le monde, elle est attachée à la notion d'instantané. Une nouvelle présente des aperçus de la vie, des lambeaux d'existence, des instants saisis. Le monde de la nouvelle privilégie des lieux plus intéressants que d'autres. On est dans le fragmenté, pas dans le global

 

 

Ces quelques notions établies, il convient toutefois de dire qu'il n'est pas toujours facile de différencier roman et nouvelle. D'aucuns pourraient croire que l'écriture d'une nouvelle est plus facile parce que le genre est court. Ils auraient tort. La nouvelle n'est pas un brouillon de roman, une ébauche, c'est une oeuvre à part entière.